Message du Chef de l’État, Noursoultan Nazarbaïev, au peuple du Kazakhstan

Chers Kazakhstanais,

Mes chers compatriotes,

Mes compagnons,

Membres du parti Nour Otan,

Je m'adresse aujourd'hui à vous, comme je l'ai toujours fait, aux moments les plus importants de l'histoire de notre État, que nous construisons ensemble.

Mais le message d'aujourd'hui est particulier.

J'ai pris une décision difficile pour moi-même: démissionner des pouvoirs de Président de la République du Kazakhstan.

Cette année marque le 30ème anniversaire de mon mandat de chef suprême de notre pays. Mon peuple m'a honoré en faisant de moi le Premier Président du Kazakhstan indépendant.

Rappelons-nous la chute de l'empire soviétique qui nous a laissés dans la confusion et la tourmente émotionnelle, une économie et une politique ruinées.

Le produit intérieur brut a diminué de moitié, nous étions en manque de nourriture et de biens essentiels. Du jour au lendemain, toutes les principales usines se sont arrêtées. L'effondrement semblait venir.

C'était un défi. Nous l'avons relevé. Nous avons commencé à paver avec vigueur la voie du développement kazakhstanais.

Notre tâche était de construire une économie de marché, de démanteler le système idéologique totalitaire et de moderniser toutes les institutions de la société. Nous l'avons fait au nom de la création d'un État démocratique moderne – la République du Kazakhstan.

Comprenant qu'il était impossible de construire des institutions démocratiques avec une économie faible et des citoyens pauvres, nous avons mis le développement économique et la croissance du bien-être des citoyens au premier plan. De ce fait, nous avons réussi à multiplier le volume de notre économie par 15 et le revenu de la population par 9 (en dollars), ce qui a permis de réduire le niveau de pauvreté de près de 10 fois.

Nous avons réussi à surmonter, par nos propres moyens, tous les cataclysmes qui nous étaient imputés, y compris la plus grave crise financière mondiale des années 2007-2012.

Le Kazakhstan est passé d'une économie agraire à celle industrielle et de services. Les processus d'industrialisation et d'urbanisation du pays sont en cours. Les grands investisseurs mondiaux sont venus dans le secteur des matières premières. Cela a permis de mettre en œuvre les projets les plus complexes dans le secteur du pétrole et du gaz.

Un fonds pour les générations futures de Kazakhstanais a été créé grâce aux matières premières. Le Kazakhstan fait désormais partie de l'économie mondiale, attire les investissements et commerce avec presque tous les pays du monde.

Une nouvelle charpente supportant les infrastructures du pays a été construite. Toutes les régions du pays sont désormais reliées par route et par chemins de fer. Les liaisons aériennes nous donnent à présent l'occasion de découvrir de nouveaux endroits dans le monde.

Le Kazakhstan est devenu un grand État qui ne se limite pas seulement à la taille de son territoire. Aujourd'hui, nous sommes plus de 18 millions. Bientôt, le cap de 20 millions d'habitants sera atteint.

Nous faisons partie des 50 pays développés du monde. Le programme de développement jusqu'en 2050 est en cours de mise en œuvre. L'objectif est de faire partie des 30 pays les plus développés.

Nous avons réussi à construire, sur les ruines de l'URSS, un État du Kazakhstan prospère doté d'une économie de marché moderne, à instaurer la paix et la stabilité dans un Kazakhstan pluriethnique et multiconfessionnel. Pour la première fois dans notre histoire séculaire, la reconnaissance juridique internationale de la République du Kazakhstan a été assurée. Nous avons placé le Kazakhstan sur la carte du monde, alors qu'il n'y figurait pas en tant qu'État. Nous avons nos propres drapeau, hymne et armoiries.

Dans la période la plus difficile des années 1990, nous avons commencé à former des spécialistes dans le cadre du programme «Bolashak» (Avenir) afin de donner aux jeunes une éducation décente, une occasion d'étudier les pratiques mondiales et d'en faire profiter le pays.

Une crise bouleversait le monde, alors que nous créions, à Astana, une université de rang mondial et construisions des écoles intellectuelles. Les jeunes qui ont grandi pendant les années d'indépendance, j'en suis sûr, apprécient le soin que le pays leur porte. Ils sont les enfants du Kazakhstan indépendant, qui, je suis confiant, protégeront et renforceront notre pays, donneront leur savoir et leur force à la cause de la prospérité de la Patrie.

Pour la première fois dans l'histoire du pays, nous avons construit notre capitale. Astana est une personnification tangible de toutes nos réalisations et victoires.

Nous avons fait tout cela ensemble, mes chers Kazakhstanais.

Durant toutes ces années, vous m'avez soutenu dans toutes les élections, vous avez soutenu mes initiatives. J'ai eu l'honneur de servir ma grande Nation, mon Pays natal. Un grand merci à mon peuple auquel je fais mon profond salut. Grâce à un tel soutien, j'ai travaillé sans ménager mes forces, mon énergie, ma santé et mon temps pour justifier cette confiance.

Comme vous le savez, notre législation me dote du statut de Premier Président – Elbassy (Chef de la Nation). Je reste président du Conseil de Sécurité qui est investi de grands pouvoirs. Je reste président du parti Nour Otan, membre du Conseil constitutionnel. En somme, je reste avec vous. Les soucis du pays et du peuple demeurent mes préoccupations.

En tant que fondateur de l'État kazakhstanais indépendant, je vois ma tâche future comme étant celle d'assurer l'accession au pouvoir d'une nouvelle génération de dirigeants qui poursuivront les transformations menées dans le pays.

La question de la succession du pouvoir au Kazakhstan est résolue par la Constitution. En cas de cessation anticipée des pouvoirs du Président en exercice, ses pouvoirs sont transférés au président du Sénat jusqu'à l'expiration du mandat. Ensuite, les élections du nouveau Président de la République auront lieu.

Actuellement, le Président du Sénat du Parlement est Kassym-Jomart Tokayev. Vous le connaissez bien. Il est diplômé de l'Institut d'État des relations internationals de Moscou (MGIMO), docteur ès sciences. Il parle couramment l'anglais, le chinois et le français. Il a parcouru un long chemin dans les postes de haute responsabilité de la République. Il a été ministre des Affaires étrangères au cours des années de la formation de la politique étrangère du pays, il a occupé les postes de vice-premier ministre et de premier ministre du pays et de président du Sénat. Il a une parfaite connaissance du pays, de son économie et de sa politique. Il a travaillé en tant que Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Ce fut une grande reconnaissance de ses mérites en tant que diplomate et un signe de confiance au Kazakhstan.

Il travaille, à mes côtés, depuis les tout premiers jours de l'indépendance du Kazakhstan. Je le connais bien. C'est une personne honnête, responsable et de rigueur. Il soutient pleinement la politique conduite à l'intérieur et à l'extérieur de notre pays. Tous les programmes ont été élaborés et adoptés avec sa participation.

Je crois que K. Tokayev est la bonne personne à qui nous pouvons confier la gestion du Kazakhstan.

Mes chers compatriotes,

Nous voyons que le monde change, il ne reste pas immobile. Non seulement de nouvelles opportunités apparaissent, mais aussi de nouveaux défis technologiques et démographiques mondiaux, l'instabilité de l'ordre mondial. Chaque génération doit résoudre ses problèmes. Ma génération et moi-même avons fait pour le pays tout ce que nous pouvions. Les résultats vous sont connus. Le monde change et les nouvelles générations arrivent. Ce processus est naturel. Ces nouvelles générations vont résoudre les problèmes de leur temps. Puissent-elles essayer de rendre notre pays encore meilleur.

Nous devons aussi changer avec le monde. Je m'adresse à la jeune génération de Kazakhstanais: prenez soin du Kazakhstan indépendant, notre Patrie commune, Manguilik El (Pays éternel). C'est notre peuple, c'est la terre de nos grands ancêtres. Nous avons une seule Patrie, une seule terre.

Prenez soin de l'amitié et de l'unité de notre peuple, de notre confiance mutuelle et de notre respect pour la culture et les traditions de chaque citoyen du pays.

Ce n'est qu'ainsi que nous serons forts, que nous pourrons surmonter tous les défis.

C'est ainsi que nous prospérerons.

Chers Kazakhstanais,

Mes chers compatriotes,

Je m'adresse aujourd'hui à chacun de vous.

Le pays est confronté à des tâches de grande envergure. Mais j'ai confiance en notre succès.

Quel est, à mes yeux, le Kazakhstan du futur?

Je crois fermement que les Kazakhstanais de demain est une société de gens instruits et libres, parlant trois langues.

Ils sont citoyens du monde. Ils voyagent. Ils sont ouverts aux nouvelles connaissances. Ils sont assidus. Ils sont patriotes de leur pays.

Je suis convaincu que le Kazakhstan du futur est une Société du Travail Universel. C'est un État doté d'une économie forte, où tout se fait pour le peuple, où l'éducation et la santé publique sont meilleures, où règnent la paix et la sérénité, où les citoyens sont libres et égaux, où le pouvoir est juste et où règne l'état de droit.

Je crois que nous sommes sur la bonne voie et que rien ne peut nous égarer.

Si nous sommes forts, nous serons vénérés.

Si nous espérons un miracle ou si nous comptons sur les autres, nous perdrons nos acquis.

Astana, Palais Aqorda, le 19 mars 2019

Created at : 19.03.2019, 21:45, Updated at : 19.03.2019, 21:45